Laurent Gbagbo comparaîtra devant la CPI le lundi 5 décembre 2011
La première comparution de Laurent Koudou Gbagbo devant la Chambre préliminaire III de la Cour pénale internationale (CPI) est programmée le lundi 5 décembre 2011, à 14h00 (heure locale de La Haye).
Au cours de cette audience publique, la Chambre préliminaire III, composée des juges Silvia Fernández de Gurmendi (juge présidente), Elizabeth Odio Benito et Adrian Fulford, vérifiera l’identité du suspect et s’assurera qu’il a été informé clairement des charges portées contre lui et des droits que lui reconnaît le Statut de Rome. À l’issue de cette première comparution, la Chambre préliminaire fixera la date de l’audience de confirmation des charges, étape suivante dans la procédure préliminaire.
M. Gbagbo, né le 31 mai 1945, ancien Président de la Côte d’Ivoire, aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité à raison de meurtres, de viols et d’autres violences sexuelles, d’actes de persécution et d’autres actes inhumains, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences post-électorales survenues sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.
M. Gbagbo a été remis à la CPI le 30 novembre 2011, en vertu d’un mandat d’arrêt délivré le 23 novembre 2011 par la Chambre préliminaire III. Après l’arrivée du suspect, le Greffier de la Cour, Mme Silvana Arbia, a adressé ses remerciements aux autorités du pays hôte, les Pays-Bas, ainsi qu’aux autorités ivoiriennes pour leur pleine coopération avec la Cour, ce qui a permis un transfert réussi et rapide du suspect au quartier pénitentiaire de la CPI à La Haye.
L’audience sera publique sauf si les juges en décident autrement. Elle pourra être suivie, en direct, sur le site Internet de la CPI.
Source: www.icc-cpi
Chinalco crée un consortium pour exploiter le projet de minerai de fer de Simandou en Guinée
Le plus important producteur d'aluminium chinois,Aluminum Corporation of China (Chinalco), a annoncé lundi avoir formé avec plusieurs compagnies chinoises un consortium afin d'exploiter le projet de minerai de fer de Simandou en Guinée.
Le consortium a été créé conformément à un accord signé l'année dernière entre Chinalco et la compagnie australienne Rio Tinto pour investir conjointement dans le projet de Simandou, a indiqué le président de Chinalco, Xiong Weiping, lors de la cérémonie de création du consortium.
Chalco Hong Kong Ltd, une filiale de Chinalco, a fait équipe avec quatre autres sociétés chinoises (Baosteel Resources Co., China-Africa Development Fund Co., China Harbor Engineering Co. et une filiale de China Railway Construction Corp) pour former le consortium.
Une société holding de Chalco Hong Kong servira de plate-forme pour gérer le consortium et sera responsable de l'investissement dans le projet de Simandou et de la gestion durant les travaux.
M. Xiong a estimé lors de la cérémonie que l'établissement du consortium marquait l'entrée du projet de Simandou dans une phase de développement accéléré.
"Le consortium oeuvrera pour faire du projet un exemple de coopération sincère entre les sociétés chinoises dans les investissements à l'étranger, tout en apportant de réels bénéfices aux habitants de Simandou", a-t-il souligné.
En juillet 2010, Aluminum Corporation of China Limited (Chalco), une filiale de Chinalco cotée en bourse, a signé un accord de joint-venture avec Rio Tinto pour l'exploitation de la mine de Simandou en Guinée.
Les réserves en minerai de fer de la mine de Simandou sont estimées à près de cinq milliards de tonnes.
© Source Xinhuanet
Lansana Kouyaté et sa délégation ont quitté Conakry ce matin pour la Haute Guinée
Malgré l’interdiction par les autorités de la délégation spéciale commune de Kankan de se rendre dans sa circonscription, et surtout de la crispation née de sa volonté de se rendre dans les fiefs électoraux d’alpha Condé, Lansana Kouyaté a quitté très tôt Conakry ce matin, pour se rendre en haute Guinée.
C'est vers 2 heures du matin que le cortège de l’ancien premier ministre du gouvernement de consensus s’est ébranlé. Direction : la Haute Guinée où l’attendent ses nombreux partisans, prêts à braver les autorités qui multiplient les manèges afin d’empêcher cette entreprise.
Malgré leur assez matinale de ce départ, plusieurs dizaines des partisans du dissident de l’Alliance Arc-en-ciel ont tenu à saluer leur leader.
Il y a quelques jours de cela, la délégation spéciale communale de Kankan avait interdit l’arrivée de Kouyaté dans le Nabaya, prétextant n’avoir reçu aucune demande dans ce sens. Cette décision avait alors été dénoncée par l’ensemble de l’opposition guinéenne, ainsi que de nombreux observateurs, qui voyaient là une volonté du pouvoir d’Alpha Condé d’empêcher son ancien allié de se rendre dans son fief.
Le Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN) avait, dans un communiqué, décrié une « attitude inexplicable, anti-démocratique et dictatoriale du pouvoir ».
Lansana Kouyaté avait aussi annoncé sur plusieurs station de radio qu’il s’y rendrait « quelque soit le prix à payer ».
C’est désormais chose faite, puisque le convoi de l’ancien candidat à la présidentielle s’est ébranlée ce matin pour plusieurs préfectures de la Haute Guinée.
Les nouveaux ambassadeurs de Côte d'Ivoire, d'Egypte et de Grande Bretagne présentent leurs lettres de créances à Sékhoutouréa
Le Pr Alpha Condé a vient de recevoir en audience les ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires d’Egypte, du Royaume Uni et de la République de Côte d’Ivoire. Ces trois diplomates étaient à Sékhoutouréa pour présenter leurs lettres de créance.
C’est dans le cadre du raffermissement des liens de coopération entre la Guinée et ces pays amis que le Professeur Alpha CONDE, a reçu en audience, respectivement : leurs Excellences MM. Bahaa Eldin Mohatar WAHAFI, ambassadeur d’Egypte, Graham Trayton STYLES de la Grande Bretagne et Mifougou Youssouf DIARRASSOUBA de la Côte D’ivoire.
Porteurs de lettres de créances les nommant aux fonctions d’ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires en République de Guinée, ces différents diplomates étaient se sont réjouit à leur sortie d’audience, de la qualité de l’accueil qui leur a été réservé par les autorités Guinéennes depuis leur arrivée.
Ils ont chacun émis le souhait de voir le pays sortir de l’normalité constitutionnelle caractérisée par une transition politique toujours en cours. Cette normalisation ne pourrait être effective qu’à travers l’organisation d’élections législatives et locales libres, crédibles et transparentes.
Ils ont enfin assuré le chef de l’Etat guinéen de la détermination de ses homologues des pays susmentionnés à œuvrer au renforcement des liens de coopération avec leurs gouvernements.
Le Président de la République, Pr Alpha CONDE, s’est dit quant à lui engagé à la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance comme conditions sine qua non de tout développement.
Campagne agricole 2011 : des résultats exceptionnels sont attendus à Macenta
Le Ministre d’état chargé de l’énergie et de l’environnement parrain de la campagne agricole 2011 2012 était en séjours de travail à Macenta. L’objectif de ce séjour était de faire l’état des lieux et soutenir les efforts du monde paysan en vu de promouvoir la sécurité alimentaire.
Le séjour du parrain El hadji Papa Koly Kourouma à Macenta a porté sur trois axes :
1/ faire l’état de lieu de la campagne agricole 2011 2012 lancée le mois de juin dernier dans la plaine de Neridou a 10 km du centre ville.
2/ les dispositions à prendre pour la commercialisation du riz localement produit par le monde paysan et les conditions de cession des équipements de récoltes et poste récolte aux producteurs.
3/ les dispositions prises par le Président de la République le Professeur Alpha Condé et le gouvernement pour offrir l’eau et l’électricité à la population de Macenta.
Concernant la campagne agricole, le Directeur Préfectoral de l’agriculture, M. Alphonse Koundouno, a présenté son rapport technique au Ministre. Dans ce rapport il a déclaré qu’avec l’apport des intrants agricoles et des semences, plus de 1000 hectares ont été réalisés. Les coteaux et les pleines sèches sont déjà récoltés. Le rendement moyen selon lui est passé de 800Kg à 2 Tonnes par hectare.
Pour le préfet Mory Diallo, l’organisation de la campagne agricole à travers l’octroi d’intrants ainsi que la dotation des Préfectures en denrées alimentaires pendant la période de soudures de la saison de pluie traduisent le souci du gouvernement à promouvoir l’autosuffisance et la sécurité alimentaire.
Le Ministre-parrain de son coté a qualifié de réussite la campagne agricole à Macenta, une localité dotée de potentialités agricoles énormes.
Pour ce qui est de la commercialisation du riz produit localement et de la condition de cession des équipements de récoltes et poste récoltes aux producteurs, conformément aux termes de références, trente cinq marchés forains ont été retenues. Six commissions mixtes sont également constituées à cet effet. Ces commissions sont composées de cadres de l’agriculture, du commerce et des représentants des organisations paysannes et des collecteurs.
En ce qui concerne le mécanisme de cession des équipements de récolte et poste récoltes, des dispositions seront prises en rapport avec les banques pour faciliter l’accès aux crédits.
Sur le troisième axe du séjour de travail du parrain de la préfecture, qui concerne l’eau et l’électricité, le Ministre El Hadji Papa Koly Kourouma a annoncé que le Président de la République tiendra ses promesses électorales dont les prémisses sont déjà perceptibles sur le plan agricole. Ces propos ont été vivement acclamés par la population, comme pour dire que les actions envisagées ne sont pas de simples promesses électorales.
Le ministre poursuit son séjour à Macenta et devra s’entretir très prochainement avec les couches juveniles. Nous y reviendrons.
Lancement des travaux de reprofilage de la piste Gozombou-Panziazou
Le Préfet de Macenta a présidé, ce mardi 29 novembre 2011, la cérémonie de la pose de la première pierre de l’entretien mécanisé lourd de la piste Gozombou-Panziazou, longue de 7 Km. Le coût des travaux, estimé à près de 500 millions de francs guinéens, est entièrement financé par le gouvernement du Pr Alpha Condé, pour une durée de quatre mois.
La lutte contre la pauvreté, le souci de l’amélioration des conditions de vie des communautés rurales et la création de richesses demeurent une préoccupation majeure de l’Etat guinée, avec à sa tête le président de la République, le Professeur Alpha Condé.
Cette amélioration des conditions de vie des communautés rurales passe par un certains nombre de conditions, parmi lesquelles le désenclavement des zones de grandes productions agricoles.
C’est ce qui explique le lancement, ce mardi 29 novembre 2011, des travaux de reprofilage mécanisé de la piste reliant Panziazou à Gozombou. Bien qu’elle soit longue que de 7 Km, la traversée de cette piste par les usagers constituait un véritable parcours du combattant.
Le cout des travaux est estimé à cinq cent million de francs Guinéens entièrement financé par le fond d’entretien routier du gouvernement, ce qui résorbera durablement cette ‘’ mer à boire’’, pour les populations riveraines à vocation essentiellement agropastorale.
Au dire de Monsieur Sékou Sylla, Directeur régional des pistes rurales, les travaux d’entretien mécanisé lourd consisteront essentiellement au défrichage manuel, au traitement des bourbiers et leur rechargement, à la reconstruction des ouvrages et au reprofilage de la piste. La durée des travaux est fixée à 4 mois. C’est l’entreprise EMAHCO-TP qui exécute les travaux.
Le chef de section entretien routier du BTGR de Gueckédou, Monsieur Fodé Dioubaté, a rassuré que d’autres entretiens se poursuivront après la première étape des travaux pour avoir une piste en bonne forme.
C’est le Préfet de Macenta qui a présidé la cérémonie de lancement. A cette cérémonie, le Sous Préfet de Panziazou Akoi, Moise Zoumanigui, a dit que le reprofilage de cette piste permettra de réhabiliter le marché de Panziazou, un lieu qui deviendra à coup sûr un autre centre économique pour la communauté.
En lançant les travaux, le Préfet Mory Diallo a déclaré que le programme de désenclavement des collectivités vise à rapprocher les zones de production des centres de commercialisation. Le désenclavement de la sous préfecture de Panziazou qui est une zone de production agricole par excellence favorisera les échanges économiques ; toutes choses qui augmenteront sans doute les revenues des paysans agriculteurs et éleveurs.
Mines contre investissements étrangers : Alpha Condé doit tirer les leçons du passé
Actuellement présent à une réunion des opérateurs africains du secteur de l’électricité, le directeur de la production et du transport d’Electricité de Guinée (EDG), Sayon Doumbouya a affirmé à nos confrère de l’Agence Chine Nouvelle que l’Etat guinéen compte développer un partenariat gagnant-gagnant avec les investisseurs.
Ce procédé dont on a abondamment vanté les atouts durant la transition militaire conduite par le Capitaine Moussa Dadis Camara, consiste en un échange des importantes ressources minières dont dispose le pays contre des investissements dans les infrastructures de base.
On se souvient que la signature des premiers contrats de ce type avec de grands groupes chinois avait suscité un de nombreuses critiques au sein de l’opposition politique, voire des dénonciations de certains pays occidentaux, qui voyaient ainsi leurs intérêts en péril.
C’est pourtant ce type de partenariat qui semble désormais séduire le nouveau régime en place. Il est vrai que le contexte a énormément évolué, et les hommes aux commandes ont changé. La Guinée qui a un besoin criard d’investissements dans les infrastructures de base manque de garantie en dehors de ses énormes potentiels miniers, objet des convoitises de multinationales qui, comme des ogres, se ruent sur le pays chacune désirant sa par du gâteau.
Les actuelles autorités doivent manœuvrer avec prudence afin d’éviter de jeter le pays en pâtures à des intérêts qui n’hésitent jamais devant des méthodes souterraines pour atteindre leurs objectifs. En effet des conflits entre eux auront inévitablement des conséquences néfastes pour la stabilité sociopolitique du pays.
C’est en cela que se révèle toute l’importance de cet entretient de Sayon Doumbouya avec nos confrères. Espérons que des leçons tirées ailleurs et d’un passé encore récent resteront présentes à l’esprit de ceux qui conduisent cette fois le navire Guinée.
Mines contre investissements étrangers : nouvelle recette d’Alpha Condé pour résoudre l’épineuse question de l’électricité
Le directeur production-transport d'Electricité de Guinée (EDG), Sayon Doumbouya, a affirmé au cours d’un entretien qu’il a eu avec nos confrères de l’Agence Chine Nouvelle, que l’Etat guinéen va échanger des ressources minières importantes dont dispose le pays contre des investissements dans le secteur de l’électricité. Nous vous livrons in extenso cet entretien qu’il leur a accordé depuis Yaoundé, où il se trouve pour une réunion de professionnels du secteur.
Xinxhua-
Avec une capacité installée estimée à 200 MW, le pays n'arrive pas à satisfaire les besoins d'électricité de sa population, en proie aux délestages utilisés par EDG comme moyen de distribution par rationnement, en attendant la construction dès janvier d'un barrage hydroélectrique de 240 MW par une entreprise chinoise, selon Doumbouya, présent à Yaoundé à une réunion des opérateurs africains du secteur.
Question : Comment se présente aujourd'hui la production de l'énergie électrique en Guinée ?
Réponse : La production de l'électricité en Guinée est faite de difficultés, tant pour la production elle-même que pour le transport. Mais, avec l'élection du président démocratiquement élu, nous sommes en train de voir le chemin, en ce sens que nous venons de signer un contrat avec la Chine, la société CWE, pour la construction d'un barrage hydroélectrique sur le fleuve Konkouré qui va nous donner 240 MW. C'est un projet d'une durée de quatre ans, qui a débuté, puisque les voies d'accès sont là, mais c'est au 1er janvier que les vrais travaux vont commencer.
Q : Quelle est aujourd'hui la capacité installée ?
R : La capacité installée est de 200 MW, elle n'est pas tout à fait opérationnelle, parce que nous avons eu à utiliser du mazout inapproprié qui a mis nos installations en défaut. Donc, nous sommes en train de reprendre ces groupes thermiques. Les groupes dont nous disposons, eux, fonctionnent, puisque la pluviométrie est abondante quand même chez nous. Mais, leur puissance installée n'est pas si grande.
Q : Avec cette capacité, quel est le taux d'accès de la population guinéenne à l'électricité ?
R : Le taux au niveau de Conakry du réseau interconnecté est de 55 à 58%, de telle sorte que nous donnons le courant par délestage. Nous donnons à une partie et l'autre partie attend à minuit, ainsi de suite. Il n'y a pas un programme préétabli.
Q : Quel est ce taux dans le reste du pays ?
R : Dans le reste du pays, le taux est très faible, dans les 15%. Mais, ce taux va s'améliorer en fin d'année, du fait qu'il y a un programme de construction des groupes thermiques dans les régions électriques qui sera inauguré en fin d'année. Donc, les travaux sont avancés, eux ils seront même mieux alimentés que la capitale. Dans moins d'un mois, ils seront alimentés.
Q : Combien de financements vous faut-il mobiliser pour financer vos projets ?
R : Les nouveaux projets, pour Kaléta nous sommes dans les 500 et quelques millions de dollars. Pour la réalisation thermique, nous sommes dans les 200 et quelques millions. Et pour les régions électriques, dans les 150 millions de dollars. C'est un projet qui tient à cœur le président de la République. Je pense qu'avec l'accompagnement du gouvernement, la volonté politique, dans très peu de temps, nous allons sortir de l'obscurité.
Q : Comment comptez-vous mobiliser ces financements ?
R : Nous comptons sur nos propres efforts. Les partenaires ne donnent pas leur argent pour rien. Nous avons les mines et ils sont intéressés par ces mines. C'est un pays potentiellement riche et rien n'a été exploité. Nous avons la bauxite, le fer, l'uranium... C'est le partenariat gagnant-gagnant, en ce sens que nous n'avons pas de problème de retour d'investissement. Et nous comptons installer des usines, des fonderies, surtout sur la dorsale de Konkouré, là où les Chinois veulent construire le barrage de 240 MW. Il y a d'autres barrages que nous pouvons construire sur ce fleuve. Il y a Soapéti, Amaria, Kaléta, mais c'est Kaléta d'abord qui est signé. Chaque jour, nous avons des partenaires qui viennent.
Laurent Gbagbo à la CPI : y aurait-il un message en direction de Conakry?
L’annonce de cette nouvelle surprend plus d’un à la veille de la première visite officielle du président ivoirien. Elle était certes attendue, mais en expédiant son prédécesseur devant la Cour pénale internationale à quelques semaines seulement des élections législatives dans son pays, Alassane Ouattara n’a pas particulièrement été bien inspiré quand on sait que le FPI de Gbagbo ne participera pas à ce processus.
Alassane Ouattara a certes mis à exécution une vieille promesse faite à ses amis français et autres burkinabés, mais l’opportunité de ce transfèrement reste encore à prouver. Dans un contexte marqué par les préparatifs des élections législatives de cette fin d’années, Ouattara aurait dû faire l’économie de cette décision de transfèrement qui arrive inopportunément pour plusieurs raisons.
C’est d’abord l’aveu d’un échec de la justice ivoirienne qui prouve ici son incapacité à gérer ce cas, même si l’ancien président Gbagbo est un justiciable peu ordinaire.
Ensuite, "l’expédition nocturne" d’un président africain à la CPI crée forcement un sentiment de frustration dans une opinion sur le continent, qui voit en cette cour un organe créé par l’Occident pour se débarrasser des personnes qui gênent leurs intérêts en Afrique.
La mise à l’écart de Laurent Gbagbo risque d’être perçue comme une manœuvre d’élimination politique de celui dont le parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI), ne participe pas aux échéances législatives de décembre.
Alassane Ouattara ne rend pas service à ses promesses de justice constructive en larguant Gbagbo vers la Haye. De nombreuses personnes accusées à tort ou à raison de multiples crimes pullulent encore autour du président ivoirien. De ce nombre figurent son premier ministre, Guillaume Soro, et plusieurs dignitaires militaires, tous accusés des pires atrocités au cours de la crise post électorale de l’année dernière.
Y aurait-il une justice des vainqueurs, comme le dénoncent les partisans de l’ancien président ? Pourquoi tant de précipitation dans le traitement du dossier Gbagbo alors même que le procureur de CPI déclare que cinq autres personnes seront prochainement traduites devant la juridiction internationale ? Laurent Gbagbo continuerait-il d’être une menace pour l’actuel homme fort d’Abidjan ainsi que pour son pouvoir ?
Enfin ce transfèrement intervient à la barbe du Pr Alpha Condé, 24 heures seulement avant l’arrivée du numéro un ivoirien à Conakry. Plusieurs proches du président Ouattara ont implicitement accusé Conakry d’être de mèche avec l’opposant de son régime. D’ailleurs l’arrestation de l’ancien aide de camp de Simone Gbagbo en Septembre, a servi d’occasion pour ces personnes, en dehors de toutes les règles de bon voisinage, de lancer des accusations dont la véracité n’est toujours pas établie par elles. Quel message voudrait-on adressé aux autorités guinéennes, quand on sait l'amitié vieille qui existe entre Gbagbo et Condé ?
Laurent Gbagbo est poursuivi par la Cour pénale Internationale parce qu’il avait refusé de reconnaître sa défaite aux dernières élections présidentielles, dénonçant "un complot" mené par la France. Un conflit armé avait alors éclaté faisant près de 3.000 morts et de nombreuses victimes civiles, notamment à Duékoué.
Cote D'Ivoire: Laurent Gbagbo transféré à la CPI après l’émission d’un mandat d’arrêt
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Le procureur de la République de Côte d’Ivoire a signifié à l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo le mandat d’arrêt émis ce mardi 29 novembre 2011 contre lui par la Cour pénale internationale (CPI). Le transfert de Laurent Gbagbo est en cours. L'ex-président a quitté le nord du pays ce mardi soir pour la CPI à La Haye.
De notre correspondante à La Haye
Le président ivoirien Alassane Ouattara avait promis, début septembre, de renvoyer son prédécesseur devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI). Ce mardi 29 novembre 2011, en tout début d’après midi, le procureur de la République de Côte d’Ivoire a signifié à Laurent Gbagbo le mandat d’arrêt émis, sous-scellés, par la CPI. Deux de ses avocats étaient présents à Korhogo, dans le nord du pays, où Laurent Gbagbo a été incarcéré suite à son arrestation, le 11 avril 2011. Le scrutin avait entraîné des violences entre les forces loyales au candidat sortant Laurent Gbagbo et les fidèles d’Alassane Ouattara, dont la victoire avait été avalisée par la communauté internationale.
Un mandat « illégal »
Depuis plusieurs jours, les rumeurs allaient bon train dans la capitale ivoirienne. Si les partisans de l’ex- chef d’Etat dénonçaient déjà l’éventualité d’un transfert à La Haye, ils semblaient cependant ne pas y croire. Au cours des derniers jours, l’avocat de l’Etat ivoirien, Maître Jean-Paul Benoit, avait indiqué que des mandats d’arrêt seraient émis avant le 11 décembre, date des élections législatives.
Dans un communiqué diffusé mardi après-midi, un conseiller de l’ex-président ivoirien, Alain Toussaint, a dénoncé une « justice de vainqueurs », estimant que le mandat d’arrêt de la CPI est « illégal ». Pour M.Toussaint, il s’agit d’« une opération politicienne destinée à liquider définitivement le président Gbagbo ».
La Côte d’Ivoire a accepté la compétence de la Cour
Le procureur de la Cour, Luis Moreno Ocampo, est allé très vite. Le 3 octobre, il avait été autorisé par les juges à ouvrir une enquête sur les crimes commis en Côte d’Ivoire depuis le 28 novembre 2010, second tour de l’élection présidentielle. La Côte d’Ivoire n’a pas ratifié le traité de la Cour, mais elle en a accepté la compétence à deux reprises.
L’ex-président Laurent Gbagbo lui avait en effet demandé en 2003 d’enquêter sur les crimes commis depuis le 19 septembre 2002, date d’une tentative de coup d’Etat qui s’était soldée par la partition du pays. En mai dernier, le nouveau président, Alassane Ouattara, avait confirmé cette compétence, demandant à la Cour d’engager des poursuites pour les crimes commis depuis 2010.
A plusieurs reprises, le procureur a indiqué qu’il se pencherait aussi sur les crimes commis par les partisans d’Alassane Ouattara, dont les Forces nouvelles de l'actuel Premier ministre Guillaume Soro.
Source: RFI.fr



