Les Nouvelles de N'Zérékoré

PARIS (AFP) - Dominique Strauss-Kahn et Tristane Banon se sont respectivement accusés de mensonge et d'"arrogance" jeudi après avoir campé sur leurs positions durant leur confrontation dans les locaux de la police, la romancière maintenant ses accusations de tentative de viol démenties par l'ex-patron du FMI.

Durant une confrontation de plus de deux heures jeudi matin à la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) à Paris, "DSK est resté sur sa position et elle aussi", a résumé un des avocats de DSK, Me Henri Leclerc, qui a écarté toute excuse qui aurait pu être présentée par son client: "Il n'a aucune raison de s'excuser".

Invitée du journal de TF1, Tristane Banon a affirmé que "bien sûr, (elle avait) maintenu (ses) accusations". "Il y a eu une tentative de viol et ça je le maintiens", a martelé la romancière de 32 ans, qui a porté plainte en juillet contre DSK pour tentative de viol en 2003, tout en admettant que plus de huit après les faits allégués "la preuve matérielle, elle n'existe pas".

Elle a ajouté avoir été face à un DSK faisant preuve d'"arrogance", de "suffisance" et de "froideur". "J'ai pensé qu'au moins il s'excuserait (..) mais il ne l'a pas fait", a-t-elle poursuivi. "Il n'a même pas osé me regarder", a-t-elle dit, ajoutant éprouver "du mépris" à l'égard de l'ex-favori socialiste à la présidentielle.

Lors de la confrontation, DSK a déclaré avoir "oublié" ou "que ce sont des faits imaginaires", a encore dit Tristane Banon sur TF1.

Par la voix de ses avocats, DSK a réagi en affirmant qu'il "conteste formellement avoir agressé Mme Tristane Banon et constate qu'elle ment aussi à propos du déroulement de la confrontation".

La confrontation, en l'absence des avocats des protagonistes, pourrait être le dernier acte de l'enquête préliminaire menée depuis début juillet par la BRDP avant une décision du parquet de Paris.

Tristane Banon avait porté plainte contre DSK cet été au moment où sont apparus à New York les premiers doutes quant à la crédibilité de la femme de chambre qui accusait celui qui était encore patron du FMI de l'avoir violée dans un hôtel de Manhattan en mai.

A plusieurs reprises, Tristane Banon a affirmé que DSK avait tenté de la violer lors d'un entretien professionnel dans un appartement parisien en février 2003, décrivant un pugilat.

DSKDSKDominique Strauss-Kahn a parlé d'une "scène imaginaire" et a porté plainte pour "dénonciation calomnieuse".


DSK et Banon s'accusent de mensonge et... by guineeplus

Lors de son audition, le 12 septembre, par la BRDP, M. Strauss-Kahn avait concédé avoir fait "des avances" à la jeune femme, selon une source proche de l'enquête.

Dans sa confession télévisée sur TF1 le 18 septembre, il avait affirmé qu'"aucune violence" n'avait été exercée sur Tristane Banon. "J'ai été entendu comme témoin. J'ai dit la vérité que dans cette rencontre, il n'y avait eu aucun acte d'agression, aucune violence, je n'en dirai pas plus", avait-il dit.

Désormais, les policiers, qui ont entendu une vingtaine de témoins dans ce dossier, dont le candidat à la primaire socialiste François Hollande, devraient remettre dans les prochains jours leur rapport d'enquête au parquet.

Celui-ci a plusieurs possibilités: déclarer que les faits sont prescrits, classer sans suite ou bien confier une information judiciaire à un juge d'instruction.

Le parquet n'a aucun délai pour prendre sa décision. Mais en cas de classement, Tristane Banon a prévenu qu'elle poursuivrait son combat judiciaire. Dans ce cas, elle déposerait une autre plainte en se constituant "partie civile", ce qui entraînerait automatiquement la désignation d'un juge d'instruction.

 

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REIMS (AFP) - Un photographe amateur de 25 ans a été très grièvement électrocuté et brûlé par un caténaire, mardi soir à Reims, alors qu'il se trouvait sur le toit d'un wagon de marchandise pour réaliser des photos de charme, a-t-on appris jeudi auprès de la police.

La victime, qui a été transportée au service des grands brûlés de l'hôpital de Clamart (Haut-de-Seine), se trouvait jeudi matin dans un état critique.

"Il est brûlé à plus de 50% avec des lésions sérieuses dues à l'électrisation", a-t-on précisé au commissariat de Reims.

Le jeune homme s'était introduit mardi soir avec un autre photographe et une jeune femme modèle dans la zone de triage de Bétheny (Marne), dans la banlieue de Reims, pour y réaliser des photos de charme dans un endroit insolite. Il était seul sur le toit du wagon quand il a été électrocuté.

Une enquête a été confiée au service de la sécurité publique du commissariat de Reims.

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BERLIN (AFP) - Le Parlement allemand a donné un feu vert sans ambiguïté jeudi au renforcement du fonds de secours de la zone euro, rassurant sur la capacité des dirigeants de la première économie européenne à résoudre la crise de la dette. Evènement

La perspective de nouveaux versements à la Grèce exsangue avec le retour jeudi à Athènes de la "troïka", représentant les trois grands créanciers de la Grèce (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international), était un autre message positif, alors que des critiques avaient fusé dans le monde entier sur la gestion de la crise par les Européens.

Les députés allemands ont, comme prévu, approuvé à une large majorité le renforcement du mécanisme anti-crise de la zone euro, le FESF, qui maintient déjà le Portugal et l'Irlande sous perfusion.

Les députés allemands ont, comme prévu, approuvé à une large majorité le renforcement du mécanisme anti-crise de la zone euro, le FESF, qui maintient déjà le Portugal et l'Irlande sous perfusion.

Des traders allemands regardent les cours et le discours du chef de la CDu au parlement Klaus-Peter Willsch le 29 septembre 2011Des traders allemands regardent les cours et le discours du chef de la CDu au parlement Klaus-Peter Willsch le 29 septembre 2011Mieux encore, la chancelière Angela Merkel n'a pas eu besoin des votes de l'opposition pour compenser des défaillances dans son propre camp, un scénario qui aurait ébranlé sa crédibilité.

"Heureusement que le Bundestag a approuvé l'élargissement du FESF", a commenté son porte-parole Steffen Seibert, ajoutant que "l'Europe et la moitié du monde avaient les yeux rivés sur l'Allemagne".

Le président français Nicolas Sarkozy a "félicité vivement" Mme Merkel pour ce "pas important (...) accompli au service de la stabilité de la zone euro". Et confirmé qu'il recevrait à 17H00 (15H00 GMT) vendredi le Premier ministre grec Georges Papandréou "afin de faire le point avec lui".

La Commission européenne a elle salué le vote du Bundestag et espéré qu'à "la mi-octobre" au plus tard les six pays devant encore ratifier le renforcement du fonds d'aide européen auraient emboîté le pas à l'Allemagne.

Ce calendrier pourrait être contrarié par la Slovaquie, qui menace de faire traîner.

Mais en attendant, le feu vert de la première puissance européenne, également première contributrice à tous les plans d'aide, reste un signal positif.

L'économiste Holger Schmieding, de Berenberg Bank, a parlé d'un soutien "solide comme un roc" à l'euro. "Quand il s'agit de la question qui compte, à savoir est-ce que l'Allemagne va faire ce qu'il faut pour préserver la monnaie unique, il y a un large consensus en faveur de l'euro", note-t-il.

Sur les marchés financiers, ce feu vert largement anticipé a été accueilli sans euphorie. Les Bourses européennes ont clos dans le vert -à l'exception de Londres- mais surtout grâce à de bons indicateurs américains.

Parallèlement, la "troïka" a repris ses travaux à Athènes.

Les représentants des bailleurs de fonds internationaux de la Grèce ont été fraîchement accueillis par des fonctionnaires occupant les ministères pour s'opposer à la politique de rigueur.

©AFP  Description du Fonds de secours européen de la zone euro et répartition de son financement©AFP Description du Fonds de secours européen de la zone euro et répartition de son financementLa "troïka" doit s'assurer que dans ce climat social tendu le gouvernement grec tient ses promesses d'austérité et, le cas échéant, libérer le versement de 8 milliards d'euros, une partie de l'aide promise au printemps 2010 lors du premier sauvetage du pays.

La décision, dernier espoir de la Grèce avant le défaut de paiement, devrait être prise lors d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) le 13 octobre, a fait savoir Berlin.

Un avis positif de la troïka sur les progrès d'Athènes serait aussi un coup de pouce bienvenu pour la mise en route d'un deuxième plan d'aide à la Grèce, annoncé en juillet par les gouvernements européens mais dont l'entrée en vigueur est encore incertaine.

En Allemagne ce deuxième plan fera l'objet d'un vote distinct du Bundestag.

Les responsables de la zone euro avaient besoin d'envoyer des signes rassurants, après des remarques acerbes du président américain Barack Obama sur leurs tâtonnements.

Mercredi, le ministre des Affaires étrangères de la Grande-Bretagne William Hague a eu cette déclaration tonitruante: "J'avais décrit l'euro comme un bâtiment en flammes, dépourvu d'issues, et cela s'est avéré vrai dans certains des pays membres".

Pour éviter que cet incendie ne se propage, par exemple à l'Italie ou à l'Espagne, la zone euro pourrait être forcée rapidement de prendre des mesures plus radicales.

Parmi les spéculations: une démultiplication de l'aide européenne via des mécanismes financiers complexes, un effacement partiel de la dette grecque, ou l'émission de titres de dette communs aux pays membres de la zone euro.

 

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SYRTE (Libye) (AFP) - Des commandants du nouveau pouvoir en Libye ont annoncé jeudi la capture du porte-parole du régime déchu, Moussa Ibrahim, au moment où le Niger a refusé d'arrêter l'un des fils de l'ex-leader Mouammar Kadhafi, réfugié sur son territoire.

Parallèlement, Mahmoud Jibril, un libéral qui dirige le bureau exécutif du Conseil national de transition (CNT) où il fait face à une opposition des islamistes, a provoqué la surprise en annonçant qu'il ne ferait pas partie du prochain gouvernement attendu pour après la "libération" totale du pays.

Interrogé au cours d'une conférence de presse à Tripoli, M. Jibril a dit: "J'espère que nous libérerons bientôt Syrte et Bani Walid pour commencer les négociations sur la formation du gouvernement de transition, dont je ne ferai pas partie".

Les combats se poursuivent à Syrte (360 km à l'est de Tripoli) et à Bani Walid (170 km au sud-est de Tripoli), deux semaines après le lancement de l'offensive contre ces bastions pro-Kadhafi, où les loyalistes opposent toujours une forte résistance.

Sur le front de Syrte, Moustapha ben Dardef, commandant d'une brigade du CNT, a annoncé que "les combattants de Misrata nous ont contactés pour nous annoncer que Moussa Ibrahim avait été capturé".

Un autre commandant, Mohammed al-Marimi, a confirmé: "Moussa Ibrahim a été capturé par les révolutionnaires de Misrata alors qu'il roulait à bord d'une voiture hors de Syrte". Les combattants de Misrata, ville à l'ouest de Syrte, participent à l'assaut de Syrte.

Moussa Ibrahim, l'ancien porte-parole du régime déchu libyen, le 29 juillet 2011 à TripoliMoussa Ibrahim, l'ancien porte-parole du régime déchu libyen, le 29 juillet 2011 à TripoliToutefois, jeudi soir un porte-parole du Conseil militaire de Misrata, Adel Ibrahim, a indiqué à l'AFP : "Nous ne pouvons confirmer qu'il a été arrêté".

Moussa Ibrahim était en fuite depuis la chute de Tripoli avec la prise par les pro-CNT du QG de Mouammar Kadhafi à Bab al-Aziziya. C'est l'un des rares responsables de l'ancien régime à avoir été capturé alors que l'ex-dirigeant reste introuvable.

Plus tôt dans la journée, un porte-parole militaire du CNT a assuré que deux des fils Kadhafi avaient été localisés. "Ce dont nous sommes sûrs c'est que Seif al-Islam Kadhafi est à Bani Walid et que son frère Mouatassim est à Syrte", a dit le colonel Ahmed Bani.

Quelques heures après l'émission par Interpol d'une "notice rouge" à l'encontre de leur frère Saadi, le Premier ministre du Niger, Brigi Rafini, a réaffirmé que son pays ne l'extraderait pas.

"Saadi Kadhafi est en sécurité à Niamey, dans les mains de l'Etat du Niger" depuis le 11 septembre et il n'est "pas question" de l'extrader "pour l'instant", a-t-il dit.

©AFP/Archives  Saadi Kadhafi, à New York en 2006©AFP/Archives Saadi Kadhafi, à New York en 2006Interpol a indiqué avoir demandé à ses 188 pays membres d'arrêter Saadi Kadhafi accusé par le CNT de "s'être emparé de biens par la force et d'intimidation quand il dirigeait la fédération de football". Il est aussi accusé d'implication dans la répression de la révolte et est à ce titre "soumis à une interdiction de voyage et un gel de ses biens ordonnés par l'ONU".

Le 9 septembre, Interpol a diffusé une "notice rouge" pour demander l'arrestation de Mouammar Kadhafi, de Seif Al-Islam et du beau-frère de l'ex-dirigeant Abdallah Al-Senoussi, ex-chef des renseignements, visés par un mandat d'arrêt international de la Cour pénale internationale.

De son côté, l'ancien Premier ministre Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, détenu en Tunisie, a entamé une grève de la faim pour exiger sa libération et protester contre le mandat d'amener lancé à son encontre par le CNT, a annoncé son avocat Mabrouk Kourchid.

Acquitté par la justice tunisienne après une condamnation à six mois de prison pour entrée illégale en Tunisie, M. Mahmoudi est toujours détenu. "Son maintien en détention est une manoeuvre destinée à permettre l'émission du mandat d'amener", a dit Me Kourchid.

Sur le terrain dans la région de Syrte, les chars anti-Kadhafi ont tiré sur une zone boisée où des loyalistes se seraient réfugiés pour se protéger des bombardements de l'Otan, tandis que des avions ont survolé la ville toute la journée, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Environ 500 personnes, dont des pro-Kadhafi, ont quitté Syrte que les forces du CNT tentent de conquérir depuis le 15 septembre, ont annoncé des militaires en affirmant arrêter une dizaine de loyalistes chaque jour.

"Cela ne va pas être facile de prendre Syrte. On pensait qu'on le ferait vendredi, maintenant je n'y crois plus. Mouatassim (Kadhafi) est à l'intérieur et dirige ses hommes. Ils ont des armes lourdes et des tireurs embusqués, qui nous compliquent la tâche", a déclaré à l'AFP un commandant sur le terrain.

A Bani Walid, une oasis au relief accidenté, les pro-CNT, bloqués face à une résistance farouche, n'ont pas avancé depuis quelques jours, selon un journaliste de l'AFP. Walid Khaimej, un capitaine sur le front de Bani Walid, a demandé "plus d'aide de l'Otan".

Enfin, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU s'est déclaré en faveur de la levée de la suspension de la Libye, un autre bon point pour le CNT, reconnu par la communauté internationale comme représentant du peuple libyen.

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CONAKRY (AFP) - Le gouvernement guinéen a proposé une rencontre aux partis d'opposition après des violences entre forces de l'ordre et opposants qui ont fait mardi au moins deux morts et une quarantaine de blessés à Conakry et entraîné plus de 300 arrestations, a appris jeudi l'AFP de source officielle.

Un communiqué du gouvernement du Premier ministre Mohamed Saïd Fofana propose que cette rencontre ait lieu vendredi, avec pour objectif de trouver un consensus sur la tenue des élections législatives du 29 décembre, une date contestée par l'opposition.

Des représentants d'une trentaine de partis d'opposition se sont rencontrés jeudi à Conakry pour étudier quelle réponse apporter à cette invitation. Ils ont décidé d'envoyer deux représentants à la rencontre qui se contenteront de lire une déclaration, a appris l'AFP de source proche de l'opposition.

Une précédente rencontre, lundi, convoquée à la demande du président Alpha Condé, avait échoué et l'opposition avait décidé de maintenir mardi à Conakry un rassemblement qui a été interdit.

A la suite de cette interdiction, de violents affrontements entre forces de l'ordre et opposants se sont produits dans plusieurs quartiers de la capitale. Mercredi, des descentes musclées de gendarmes ont été opérées dans ces mêmes quartiers et 322 personnes arrêtées.

Les forces de l'ordre restaient jeudi omniprésentes dans ces quartiers de Hamdallaye, Dar-Es-Salaam, Simbaya, Bambéto, fiefs de l'opposition, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un collectif d'une vingtaine de partis d'opposition, dont les principaux d'entre eux, a dénoncé dans un communiqué "le climat de terreur, initié et entretenu par le gouvernement" dans ces quartiers, qui "vise à donner un caractère ethnique à une contradiction strictement politique" entre pouvoir et opposition.

Il "met en garde le gouvernement contre sa politique de répression ciblée et invite la communauté nationale, africaine et internationale à agir vite pour éviter un conflit majeur de nature ethnique en Guinée".

Craignant "un hold-up électoral", l'opposition proteste contre la manière "unilatérale" dont la date du 29 décembre pour les législatives a été fixée par le pouvoir du président Alpha Condé et la Commission électorale nationale indépendante (Céni), structure dont elle exige la "restructuration".

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SYRTE (Libye) (AFP) - Les autorités du nouveau régime se heurtent à la ténacité de combattants pro-Kadhafi bien armés à Bani Walid et Syrte, mais poursuivent leur traque des proches de l'ex-leader avec notamment une demande officielle d'arrestation d'un des fils Kadhafi réfugié au Niger.

Plus d'un mois après leur entrée triomphale dans Tripoli, les forces du Conseil national de transition (CNT) buttent depuis des jours sur une résistance farouche dans ces deux villes, véritables place-fortes des fidèles à Mouammar Kadhafi.

Deux des fils de Mouammar Kadhafi y seraient d'ailleurs réfugiés. "Ce dont nous sommes sûrs et ce que nous savons, c'est que Seif al-Islam est à Bani Walid et son frère Mouatassim est à Syrte", a affirmé le porte-parole du "ministère" de la Défense du CNT, Ahmed Bani.

Parallèlement aux combats, les nouvelles autorités poursuivent leur traque des proches du colonel Kadhafi et jeudi Interpol a émis pour la première fois une "notice rouge" à la demande du CNT qui réclame l'arrestation de son fils Saadi Kadhafi ayant trouvé refuge le 11 septembre au Niger.

"Interpol confirmant les informations selon lesquelles Saadi Kadhafi, 38 ans, a été vu pour la dernière fois au Niger, cette notice rouge constitue une alerte régionale et internationale pour les pays voisins de la Libye et du Niger (...) pour aider à localiser et arrêter Saadi Kadhafi", a indiqué dans un communiqué l'organisation basée à Lyon (centre-est de la France).

Il est recherché par les nouvelles autorités libyennes qui l'accusent de "s'être emparé de biens par la force et d'intimidation quand il dirigeait la fédération libyenne de football", selon Interpol.

"En tant que commandant d'unités militaires qui auraient été impliquées dans la répression de manifestations de civils durant la révolte libyenne, Saadi Kadhafi est aussi soumis à une interdiction de voyage et un gel de ses biens ordonnés par les Nations unies en mars", a rappelé Interpol.

Le 9 septembre, Interpol avait diffusé une "notice rouge" pour demander l'arrestation de Mouammar Kadhafi, de son fils Seif Al-Islam et de son beau-frère Abdallah Al-Senoussi, ancien chef des services de renseignement, visés par un mandat d'arrêt international émis par la Cour pénale internationale (CPI).

Sur le terrain, des combats féroces ont eu lieu mercredi soir à Syrte, ville côtière à 360 km à l'est de Tripoli que les combattants pro-CNT tentent de faire chuter depuis le 15 septembre.

Jeudi matin, un journaliste de l'AFP qui se trouvait à un km de la ligne de front du côté est de la ville pouvait entendre des tirs sporadiques de mitrailleuses.

"Il y a eu des heurts violents aujourd'hui. Nos hommes ont subi de dures attaques. Les combats ont été particulièrement intenses autour du port et à l'est de la ville de Syrte", a affirmé mercredi soir un commandant à l'AFP sous couvert d'anonymat.

Il y a deux jours la prise du port avait signifié une victoire majeure dans la bataille pour le contrôle du bastion du leader déchu par les pro-CNT.

"La situation change d'un jour à l'autre. Un jour nous gagnons, le lendemain ils gagnent", a-t-il indiqué.

"Ils ont tout perdu. C'est leur dernière bataille, c'est pourquoi ils se battent férocement. Nos troupes subissent de durs coups. Aujourd'hui nous avons reculé de trois kilomètres", a-t-il souligné.

"Il y a eu un manque de coordination et un groupe de nos combattants a été touché par une roquette lancée par un de nos chars qui se trouvait derrière eux. Il y a eu trois martyrs", a-t-il par ailleurs indiqué.

Dans un autre incident lié à la désorganisation des pro-CNT, deux combattants ont été tués et 18 blessés par une roquette partie accidentellement d'un dépôt d'armes et qui a atterri dans leur chambre, selon des sources médicales dans un hôpital de campagne à environ 50 km à l'ouest de Syrte.

A Bani Walid, une oasis au relief accidenté à 170 km au sud-est de Tripoli, les forces pro-CNT sont également bloquées face à une résistance farouche et n'ont pas avancé d'un pouce depuis quelques jours, selon un journaliste de l'AFP.

Walid Khaimej, un capitaine pro-CNT, sur le front de Bani Walid, a demandé "plus d'aide de l'Otan". Mais l'Alliance a fait savoir qu'elle n'avait pas "réduit son activité en Libye" et rappelé qu'elle "n'a pas pour objectif d'apporter un soutien aux forces du CNT au sol".

Outre la demande d'arrestation de Saadi Kadhafi, la justice du nouveau pouvoir libyen a également demandé que la Tunisie lui remette l'ex-Premier ministre Al-Baghdadi Al-Mahmoudi en lançant un "mandat d'amener".

Ce dernier est encore détenu dans la prison de Mornaguia, près de Tunis, malgré son acquittement mardi.

"Son maintien en détention malgré son acquittement par la justice mardi est illégal, c'est une manoeuvre destinée à permettre l'émission du mandat d'amener", a affirmé à l'AFP un de ses avocats Me Mabrouk Kourchid.

Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, condamné le 22 septembre à six mois de prison pour entrée illégale en Tunisie, a été acquitté mardi en appel par la justice tunisienne.

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YAOUNDE (AFP) - Au moins dix militaires camerounais ont manifesté jeudi matin à Douala (sud) en tirant des coups de feu en l'air et en brandissant une banderole demandant le départ de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, avant d'être maîtrisés, a appris l'AFP de sources concordantes.

"Dix militaires ont tiré des coups de feu au niveau du pont sur le Wouri", le principal pont de Douala, la capitale économique du pays, a affirmé à l'AFP une source proche des services de sécurité.

La circulation a été interrompue aux environs du pont. Les manifestants avaient déployé une banderole sur laquelle on pouvait lire +Paul Biya dictateur, Paul Biya doit partir à tous les prix+ (A tout prix)", apprend on de même source.

"Dès que les forces de défense les ont cernés, neuf se sont rendus tandis qu'un s'est jeté à l'eau", apprend on de même source. Il n'était pas encore possible de savoir si ce dernier était encore vivant.

"La situation est sous contrôle mais la ville est traversée par un vent de psychose. Les soldats sont partout au niveau du pont, y compris dans l'eau", a rapporté la source proche des services de sécurité.

"Le pont est coupé. On entend des coups de feu en ce moment", a annoncé peu avant 8H00 locales (7H00 GMT) la chaîne de télévision privée Canal 2 International basée à Douala. La chaîne Equinoxe qui a également son siège à Douala avait aussi fait état "de coups de feu tirés en l'air".

Un chauffeur de taxi présent vers 6h du matin (05H00 GMT) raconte : "j'ai vu un militaire armé sur le pont. Il avait bloqué la circulation et demandait aux gens (automobilistes et piétons) de ne pas passer. Il avait une pancarte où j'ai vu: Paul Biya dictateur".

Selon la source proche des services de sécurité, deux militaires chargés de garder le pont qui relie la ville au quartier populaire de Bonaberri et aux régions de l'ouest sont "entendus en ce moment".

La campagne électorale en vue des élections du 9 octobre est commencée. La Cour suprême camerounaise a validé 23 candidatures à la présidentielle dont celles de M. Biya et de John Fru Ndi, opposant historique. Opposition et société civile accusent M. Biya d'avoir verrouillé le système électoral pour s'assurer une réélection sans difficultés.

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SAN FRANCISCO (AFP) - En cette belle journée de septembre, Woody Miller a choisi la tenue d'Adam pour se promener dans les rues du Castro, le quartier gay de San Francisco: mais le "nudisme citadin", jusqu'ici accepté avec bienveillance, fait aujourd'hui grincer les dents des élus locaux.

Woody, 55 ans, ne passe pas inaperçu: grand, avec une longue barbe grise et un piercing dans le nez, il n'a pour seuls vêtements et accessoires qu'une paire de baskets, une casquette de baseball et une montre.

"Je sors nu quand il fait beau car j'aime la sensation du soleil et de l'air sur ma peau", explique le quinquagénaire. A San Francisco, où la température est pourtant souvent fraîche, les adeptes du nudisme, connus sous le nom de "Naked Guys" ("les mecs nus"), sont toujours plus nombreux.

"Il n'y a rien d'obscène dans le corps humain. Croire le contraire vient de l'éducation. C'est une forme de préjugé", juge Woody Miller.

Coeur battant des mouvements pour les droits des homosexuels dans les années 60 et 70, le Castro -- où les sex-shops voisinent avec les cafés et restaurants branchés -- reste un bastion progressiste.

Mais même le Castro a ses limites, considère Scott Wiener, nouvel élu démocrate du quartier --où il habite depuis 14 ans-- au conseil municipal.

M. Wiener veut faire adopter un texte qui obligerait les nudistes à couvrir les bancs et fauteuils publics avant de s'asseoir et à s'habiller pour entrer dans les restaurants. Les amendes iraient de 100 à plus de 1.000 dollars, assorties de prison pour les récidivistes.

"Ces dernières années, c'est devenu plus insupportable et provocant", affirme M. Wiener. "Ils traînent, occupent plein de sièges et s'assoient sans rien couvrir. Ce n'est pas propre", dénonce-t-il.

Mais M. Miller ne voit pas l'intérêt de la proposition de l'élu. "Couvrir le siège avant de s'asseoir ? Cela va de soi, on n'a pas besoin de légiférer pour ça. C'est écrit dans le +livret du nudiste+: on ne va nulle part sans sa serviette", dit-il.

La loi californienne interdit d'exhiber ses parties génitales "dans un but lubrique". L'usage à San Francisco veut qu'on ne considère pas le nudisme comme lubrique et la police n'arrête pas les citoyens en tenue d'Eve ou d'Adam.

L'écrivain et entrepreneur George Davis, 65 ans, nudiste militant, partage l'avis de Woddy Miller. "C'est une peur irrationnelle", déclare-t-il, avec pour tout accoutrement un chapeau, des lunettes de soleil et un téléphone portable attaché à la taille. "Vous devriez être plus inquiet que je tousse devant vous que de vous asseoir à ma place", dit-il.

Une trentaine de nudistes se sont réunis samedi à Castro, sous le mot d'ordre "Nude not lewd" (nu mais pas obscène), un rassemblement qui était prévu avant l'initiative de Scott Wiener.

Le texte de l'élu démocrate interdirait également aux restaurants de servir des nudistes. Une disposition inutile, selon Michael England, serveur à l'Orphan Andy's, un restaurant du Castro ouvert 24H/24.

Orphan Andy's a déjà un règlement vestimentaire, comme beaucoup de restaurants aux Etats-Unis, qui oblige ses clients à porter une chemise et des chaussures -- "et un pantalon aussi, je suppose", déclare M. England.

James Viggiano, 57 ans, un habitant de San Francisco qui se rend souvent au Castro, a déjà remarqué des nudistes dans les restaurants qu'il fréquente. Et il n'apprécie pas trop.

"Je ne pense pas que ce soit très sain. Je trouve ça choquant, il y a des enfants qui vivent dans le quartier, il y a des touristes, et tout à coup, on devient une colonie de nudistes", dit-il.

Mais ses craintes ne sont pas partagées par Dan Glazer, propriétaire de la boulangerie Hot Cookie, qui pense que les "Naked Guys" constituent à eux seuls une attraction touristique.

"A mon avis, c'est bon pour le commerce", dit-il. "Chez Hot Cookie, on n'a aucun problème avec les +Naked Guys+. On vend des cookies en forme de pénis".

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PARIS (AFP) - La cour d'appel de Paris a décidé mercredi de remettre en liberté un ancien ministre rwandais du gouvernement intérimaire de 1994, Hyacinthe Nsengiyumva Rafiki, arrêté le 9 août et placé en détention à Paris à la suite d'une demande d'extradition du Rwanda, a annoncé son avocat.

"La chambre de l'instruction a remis Hyacinthe Nsengiyumva Rafiki en liberté. Il va sortir ce soir de prison", a indiqué Me Vincent Courcelle-Labrousse à l'AFP, précisant que la cour d'appel examinerait la demande d'extradition en elle-même le 9 novembre.

M. Nsengiyumva, visé par un mandat d'arrêt émis par la justice rwandaise en 2008 pour sa participation présumée au génocide de 1994, avait été arrêté le 9 août à Créteil (banlieue parisienne), et placé en détention à la maison d'arrêt de la Santé à Paris.

Les motivations de la décision de la cour d'appel n'étaient pas connues dans l'immédiat mercredi soir.

Mais pour son avocat, cette détention était irrégulière depuis le 8 septembre, puisque Kigali n'avait selon lui pas justifié sa demande d'extradition auprès de la justice française dans le délai prévu par la loi française.

Le Rwanda avait 30 jours pour présenter à la France une demande d'extradition assortie des pièces expliquant les fondements judiciaires de cette demande.

Or Kigali n'a selon Me Courcelle-Labrousse pas présenté dans l'intervalle, par les canaux officiels, le mandat d'arrêt qui avait été émis le 24 juin 2008 par le procureur de la république du Rwanda.

Le Rwanda avait présenté un autre mandat d'arrêt du 17 août 2011, postérieur à l'arrestation, donc non valide selon l'avocat.

"Maintenir mon client en détention serait revenu à accréditer le bricolage de la justice rwandaise", a-t-il dit.

Selon l'avocat, M. Nsengiyumva est en France "au vu et au su de tout le monde, il ne se cache pas et considère qu'il n'a rien à se reprocher".

M. Nsengiyumva était ministre du gouvernement intérimaire de 1994, au moment du génocide et "il est le seul ministre de ce gouvernement qui n'a pas été poursuivi par le procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda", a dit son avocat.

M. Nsengiyumva a été l'un des fondateurs des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) créées par des chefs rebelles rwandais hutu en République démocratique du Congo (RDC).

Basées dans l'est de la RDC, les FDLR, dont certains éléments sont recherchés par la justice rwandaise pour leur implication présumée dans le génocide des Tutsi de 1994, ont été considérées comme l'un des principaux responsables de l'insécurité dans la région des Grands lacs.

M. Nsengiyumva "a été exclu du FDLR en 2005 et est depuis impliqué dans le processus de désarmement en RDC", a affirmé son avocat.

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YAMOUSSOUKRO (Côte d'Ivoire) (AFP) - La Commission réconciliation chargée de panser les plaies de la crise post-électorale du début 2011 en Côte d'Ivoire, qui a fait au moins 3.000 morts, a été installée mercredi pour faire primer le pardon sur la guerre.

Présidée par l'ex-Premier ministre Charles Konan Banny, la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) a été intronisée par le chef d'Etat Alassane Ouattara lors d'une cérémonie empreinte d'émotion dans la capitale politique Yamoussoukro, fondée par le "père de la Nation" Félix Houphouët-Boigny.

"Désarmons aujourd'hui nos haines, faute de quoi nous nous acheminons à grands pas vers une guerre de 100 ans", a averti M. Banny.

"La réconciliation est la seule issue à l'impasse dans laquelle nous nous sommes enfermés", a-t-il tranché, prévenant que la commission n'a pas le "pouvoir d'amnistie et d'absolution".

"La priorité sera donnée à la justice et au processus de guérison par le pardon", a assuré en écho le président Ouattara, promettant "réparation" aux victimes.

"Considérons le processus de réconciliation comme une thérapie nationale", a-t-il exhorté d'un ton grave.

Charles Konan Banny était accompagné des autres membres de la CDVR, excepté la star du foot Didier Drogba. L'ancien président du Ghana voisin John Kufuor était également présent.

Deux ans: c'est le délai imparti à la CDVR pour en finir avec une décennie de tourmente qui a fait sombrer cette ex-colonie française longtemps enviée.

Ces années de coups d'Etat, de violences politiques et parfois ethnico-religieuses ont culminé avec la crise post-électorale de décembre 2010-avril 2011.

Née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite au scrutin du 28 novembre, la crise s'est conclue par deux semaines de guerre et a fait au moins 3.000 morts.

Le mystère n'a toutefois pas été entièrement levé sur le mode de fonctionnement de la commission, ni sur la période qu'elle examinera. Le chef de l'Etat a quant à lui explicitement fait référence à 1999 et au premier coup d'Etat de l'histoire du pays.

Aucune figure du camp Ouattara inquiétée

Les proches du chef d'Etat déchu ont préféré demander à l'ONU la création d'une "commission internationale d'enquête" remontant jusqu'à septembre 2002 et au putsch manqué de la rébellion qui s'est rangée fin 2010 derrière M. Ouattara.

Les pro-Gbagbo sont d'autant plus réticents devant les appels répétés à la réconciliation que des dizaines de personnalités du régime vaincu par les ex-rebelles soutenus par la France et l'ONU, dont l'ancien chef d'Etat et son épouse Simone, sont détenues et inculpées pour "crimes économiques" ou "atteinte à la sûreté de l'Etat".

Dans le même temps, aucune figure du camp Ouattara n'a été inquiétée alors que, de l'avis même de l'ONU, des crimes contre l'humanité et crimes de guerre ont été commis par les deux camps, spécialement dans l'Ouest où la situation demeure tendue.

La CDVR devra donc trouver sa place à côté de la machine judiciaire ivoirienne et d'une possible enquête de la Cour pénale internationale (CPI).


CIV: une Commission réconciliation pour conjurer... by guineeplus

Appelant à la mise en oeuvre "sans délai" des engagements en faveur de la réconciliation, la France a demandé "toute la lumière" sur les violations des droits de l'Homme.

En attendant, se jugeant marginalisé, le parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), fait planer la menace d'un boycott des législatives, qui serait un coup dur pour la réconciliation.

Juste avant l'installation de la CDVR, ces élections, censées contribuer aussi à la normalisation, ont été officiellement fixées au 11 décembre. Des sources proches du dossier estiment cependant plausible un report à début 2012 en raison des retards pris dans les préparatifs.

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