GUINEE: l’opposition accuse le pouvoir de vouloir truquer les élections législatives
Écrit par RFIDes dizaines de milliers de Guinéens ont répondu à l'appel lancé, ce jeudi 10 mai, par les deux grandes coalitions de l'opposition à manifester contre les conditions d'organisation des prochaines législatives. Les partis d'opposition reprochent au gouvernement de vouloir truquer les élections, en refusant une refonte de la commission électorale et en révisant les listes dans la plus grande opacité.
Boutiques fermées, circulation au ralenti, selon les témoins contactés par RFI, le centre de Conakry avait des allures de ville morte tandis que, dans les banlieues, des dizaines de milliers de jeunes étaient sortis pour manifester et acclamer les cortèges des leaders de l'opposition. Les chefs de partis misaient gros sur cette journée, voulant démontrer au pouvoir leur puissance au moment où le dialogue politique se durcit.
Louncény Camara sur la sellette
Depuis des mois, l'opposition réclame une refonte de la Céni, la commission électorale qu'elle estime insuffisamment paritaire, mais elle demande aussi l'arrêt de la révision des listes électorales qui, selon elle, se déroule dans l'opacité la plus totale. Les manifestants et les leaders de l'opposition ont réclamé la démission de Loucény Camara, le président de la Céni.
Ils lui reprochent son esprit partisan et son lourd passif illustrés, selon eux, par une condamnation pour fraude électorale au lendemain de l'élection présidentielle. Malgré quelques échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre, le pouvoir ne s'est pas opposé à cette journée d'action. Mais le gouvernement demande à l'opposition de regagner la table des négociations. « On ne fait pas de politique en sortant dans la rue tous les quatre matins », a résumé un ministre du président Condé.



