Euro. Mario Balotelli, portrait d'un imprévisible
Écrit par leparisien.fr
Mario Balotelli exhibe sa musculature, jeudi après son deuxième but en demi-finale de l'Euro, face à l'Allemagne (2-1).
En inscrivant un doublé, jeudi face à l'Allemagne (2-1), Mario Balotelli a dévoilé son meilleur visage. L'attaquant transalpin, qui espère inscrire quatre buts dimanche en finale, fait taire d'un coup d'un seul les nombreuses critiques à son encontre. Au lendemain de ses exploits, le voilà propulsé au rang de héros national. Cela n'a pas toujours été le cas.
Et pour cause. Mario Barwuah est né en 1990 à Palerme de parents ghanéens. A l'âge de deux ans, il est confié à la famille Balotelli. Ses racines africaines lui valent d'être régulièrement sifflé dans les enceintes italiennes, lors de ses trois saisons sous le maillot de l'Inter Milan. Il y marque pourtant 28 buts en 86 matches, et fait étalage de son talent de buteur - et de son ego - hors-normes. Oui mais voilà: le jeune Mario multiplie les frasques – rebaptisées « balotellades »-, donnant en quelque sorte le bâton pour se faire battre. Un soir, il se montre en public avec la tunique du rival milanais, provoquant l'ire des nerazzurri. Un autre, il est aperçu dans un quartier de Naples avec deux membres de la Camorra, mafia italienne.
Il fait feu de tout bois
Sa relation avec José Mourinho, son coach à l'Inter, est tempétueuse. Lorsqu'il signe à Manchester City à l'été 2010, avec une Ligue des Champions et trois Scudetti dans les bagages, on se dit que son exil anglais va l'assagir et l'éloigner des mauvaises langues à son endroit. Que nenni, Balotelli n'en fait qu'à sa tête et devient très vite ingérable. Il multiplie les mauvais gestes sur le pré (collectionnant les cartons rouges), et les dérapages en dehors du terrain.
Outre un accident de voiture – sans gravité – à son arrivée en Angleterre et d'autres incartades toutes plus insolites les unes que les autres, Mario signe assurément son plus beau « fait d'armes » lorsqu'il met le feu à sa villa, en octobre dernier. Comment ? En allumant des feux d'artifice depuis sa salle de bain. L'avant-veille, il déclarait: « J'ai grandi cette année, j'ai l'intention d'arrêter de faire parler de moi en négatif ».
Une personnalité insaisissable
Autre anecdote, autre facette de la personnalité de Balotelli. En mai 2011, il interpelle un petit garçon qui lui réclame un autographe à l'issue d'un entraînement: « T'es pas à l'école ? ». L'enfant lui explique qu'il n'y va plus car plusieurs de ses camarades lui cherchent des problèmes. Ni une ni deux, « Super Mario » embarque le garçon dans sa Maserati, l'emmène à l'école et exige de rencontrer les coupables. Il leur fera la morale, avec l'accord du directeur d'établissement. Ainsi est Mario Balotelli, imprévisible.
Un amoureux de la Nazionale
Le lendemain de son « exploit » pyrotechnique, il marque face à United et dévoile alors un T-Shirt où il est inscrit: « Why always me? »
Balotelli se sent incompris par les médias, et il le fait savoir. S'il se montre turbulent en club, son comportement est toutefois différent en sélection. Malgré le rejet d'une partie du pays – et même le souhait d'un parti politique, la Ligue du Nord, de l'exclure de la Nazionale -, le Ghanéen d'origine répète à l'envi son amour du maillot italien. En juin 2010, il refuse même de disputer le Mondial avec les Black Stars, attendant sa première cape au sein de la Squadra Azzurra.
Elle viendra quelques semaines plus tard. Le nouveau sélectionneur italien, Cesare Prandelli, manie patience et diplomatie à son propos, lui renouvelant sa confiance à de multiples reprises malgré la vindicte populaire. Jeudi, Balotelli lui a rendu la pareille, sous les yeux de sa mère venues au stade. Dimanche à Kiev, il a prévu d'inscrire quatre buts face à l'Espagne, devant son père. Prandelli signerait tout de suite.




